L'été n'a pas été de tout repos à Marseille. Dans une longue interview accordée à L'Equipe Magazine, Vincent Labrune accepte de revenir sur l'actualité chargée de l'OM ces derniers mois. Et le président Olympien joue cartes sur table, en annonçant de nouveaux départs d'envergures à venir !
Beaucoup de choses sont reprochées, à tort ou à raison, à Vincent Labrune. Mais ce qu'on ne peut pas enlever au patron de l'OM, c'est son sens aiguisé de la communication. Dans une longue interview accordée à L'Equipe Magazine, il revient sans détour sur la stratégie qu'il a menée sur le dernier mercato estival, et plus globalement depuis 2013 et la naissance de son "projet Dortmund". Droit dans ses bottes, il estime qu'elle répond parfaitement aux nouvelles règles du "football moderne".
Aussi nécessaires pour les finances de l'OM que contestés par ses supporters, les départs de Payet, Imbula, Thauvin, ou encore Lemina (en prêt payant à la Juventus) sont justifiés par VLB par le fait que "l’OM n’était qu’un tremplin dans leur plan de carrière. C’est ce que je leur ai vendu quand je les ai recrutés en 2013. Eux viennent se faire un nom pour partir à l’étranger où un club doublera, triplera leur salaire. Nous, on encaisse une forte plus-value", explique Labrune. "Ça s’appelle le football moderne, une stratégie fondée sur l’explosion des droits télé en Angleterre et sur la concentration du marché des transferts sur les joueurs jeunes."
Alors faut-il s'attendre à une nouvelle vague de départs lors des prochaines fenêtres de mercato ? Oui, assume le président Phocéen. "Il s’agit de rendre l’effectif liquide, c’est-à-dire vendable, ce qui n’était pas le cas avec nos joueurs à forte rémunération (Ndlr, Gignac, Ayew ou encore Valbuena). La prochaine vague de départs, d’ici à un an ou deux, concernera Mendy, Batshuayi, Rekik, Ocampos ou Nkoudou qui ont entre 20 et 22 ans. L’un d’entre eux vaudra alors peut-être 30 M€ ou plus", espère-t-il.
Sa gestion du cas Nicolas Nkoulou...
Une politique dont l'OM n'aura pas profitée lors des départs d'André-Pierre Gignac (Tigres) et André Ayew (Swansea), deux cadres dont les forts émoluments ont toujours empêché leurs reventes, avant qu'ils ne mettent les voiles à l'issue de leurs contrats respectifs. Un cas de figure en passe de se répéter dès l'été prochain avec Steve Mandanda, mais aussi et surtout Nicolas Nkoulou.
"Je me suis opposé à son départ cet été à Lyon. Vendre un de nos piliers à un concurrent direct aurait été un non-sens absolu. Je me prive de 8-10 M€, mais Nico va amortir ce montant sur le terrain, car, avec lui, l’OM peut finir troisième et, sans lui, c’est plutôt la septième place, ce qui fait une différence de 10 M€ en droits télé et autres rentrées", avance Labrune. "Évidemment, on lui proposera une prolongation de contrat, mais il y a des chances qu’il ne signe pas... Il faut trouver en permanence l’alchimie entre le sportif et l’économique." Une science qui attend encore de porter ses fruits sur les bords de la Méditerranée...