Depuis hier et des révélations du Canard Enchaîné, Vincent Labrune se retrouve au coeur d'une nouvelle polémique. Le président Marseillais aurait frôlé le conflit d'intérêts en voulant recruter, pour gérer la sécurité du Vélodrome, un officier ayant participé à une enquête sur l'OM...
Déjà bien entamée, la crédibilité de Vincent Labrune à Marseille ne va pas se renforcer avec la nouvelle polémique à laquelle son nom est mêlé. Dans son édition d'hier, le Canard Enchaîné a révélé que le 22 septembre dernier, au sur-lendemain d'un Marseille-Lyon bouillant en tribunes, Labrune avait été sommé par le préfet de police Laurent Nunez de régler les problèmes de sécurité du Vélodrome. Il lui avait alors répondu en annonçant le recrutement d'un homme, "issu du ministère de l'Intérieur", censé s'occuper des relations avec les groupes de supporters. Jusque-là, tout allait bien...
Le problème, c'est que l'homme en question est un officier de police, toujours en fonction, au sein de l'OCLCO (Office central de lutte contre le crime organisé) de Nanterre, dont les dernières actions concernaient une affaire bien connue sur la Canebière, celle des transferts douteux de l'OM ! De là à penser au conflit d'intérêt, il y a un pas que Laurent Nunez a immédiatement demandé à Labrune de ne pas franchir. Le nouveau "monsieur sécurité du Vélodrome" a alors été invité à rédiger un rapport à sa hiérarchie pour compléter sa demande d'une période de disponibilité - pour occuper ses fonctions à l'OM - par un petit briefing sur la nature de ses nouvelles occupations.
Labrune s'est rendu compte de son erreur
Et c'est là que ça a coincé, puisque deux jours plus tard, Labrune appelait le préfet pour lui annoncer l'avortement de ce recrutement. "En vue de l'Euro 2016, la vacance du poste de directeur de la sécurité (Guy Cazadamont, qui est pourtant toujours directeur de la sécurité, ndlr) nous a obligés à ouvrir une réflexion sur la réorganisation de la sécurité au stade", a expliqué Labrune hier. "C'est dans ce cadre, en toute transparence et dans le respect des règles déontologiques, que nous avons sollicité et suivi l'avis négatif du Préfet des Bouches-du-Rhône, et celui de nos avocats Mes Pierre Haik et Sébastien Shapira, sur le possible recrutement d'un fonctionnaire de police."
Du côté de la Police, aucune procédure disciplinaire n'a été ouverte contre l'officier de l'OCLCO. "Il a été très maladroit, pas fin, il a clairement mis la charrue avant les boeufs, puisqu'il a accepté ce poste sans être libre côté police", a souligné une source policière à La Provence. "Mais il n'y a pas de suite, puisqu'à ma connaissance il n'y a pas de conflit d'intérêt à ce qu'un policier intègre le privé à partir du moment où il n'a pas enquêté sur ladite société ou qu'il n'a aucun pouvoir sur elle." Mais le quotidien régional croît justement savoir que Labrune et sa vraie-fausse recrue se sont justement rencontrés à l'occasion d'une procédure judiciaire contre l'Olympique de Marseille. Il faut croire que le courant était bien passé entre les deux...