OM - Rami suspendu : comment l'OL a contré la stratégie d'Eyraud

Par Olivier Valentin
4 min de lecture
Rami suspendu : une erreur de stratégie marseillaise ?

Rami suspendu : une erreur de stratégie marseillaise ?

Eyraud versus Aulas, Aulas versus Eyraud... Depuis mardi, les présidents de l'OL et de l'OM s'écharpent. En cause, les décisions de la commission de discipline. L'Equipe s'est procuré le procès verbal de l'audience. Analyse.

Jean-Michel Aulas s'est-il servi de son influence pour réduire les sanctions sur ses hommes lors de la réunion de la commission de discipline, mercredi ? Ce sont, en tout cas, les reproches envoyés par Jacques Henri Eyraud depuis mardi. Suspension avec sursis de deux matches de Marcelo, suspension de trois rencontres pour Anthony Lopes et suspension de trois rencontres également pour un Marseilllais, Adil Rami : les Phocéens sont ressortis avec des décisions bien éloignées de leurs réclamations. L'OM réclamait notamment deux ans d'interdiction de terrain pour Anthony Lopes, coupable d'une gifle sur l'intendant rhodanien, Walid Baaloul, entraînant un Interruption Temporaire de Travail (ITT) de deux jours...

La charge ratée sur Lopes

Seul souci, le certificat de cette ITT "ne précise pas si elle résulte de la gifle portée par Lopes ou des blessures causées par l'attroupement". Il est donc difficile de requalifier le geste du portier lyonnais de "brutalité" comme le réclamait Maître Grimaldi, avocat de l'OM... d'autant plus difficile que le certificat apporté par Walid Baaloul a été produit sur demande de son avocat. Un argument suffisant pour "remettre en cause la crédibilité de cette pièce." Et si la "brutalité" n'a pas été retenue, la "récidive" a été évincée encore plus rapidement par la commission.

Lors de son argumentaire, Jacques-Henri Eyraud a sorti une feuille sur laquelle il a fait état de plusieurs scènes de violence dans lesquelles Anthony Lopes s'est, selon lui, retrouvé acteur. Le président est ainsi revenu sur le 31 janvier 2017, lorsqu'en Coupe de France, le portier a rayé le nom de l'ASSE de son maillot. Il a également cité le 17 octobre 2017. Dans la confusion, l'international portugais avait été frappé par un supporter d'Everton... enfin, le 9 décembre 2017. Mis à part le match à Amiens du lendemain, le calendrier lyonnais n'indiquait rien de spécial ce jour là. Autant dire que le portrait du gardien, dressé par le président, n'a pas eu l'effet escompté. Bien au contraire.

La commission de discipline fait payer ses revendications à l'OM

Les preuves insuffisantes et arguments fallacieux ont donc poussé la LFP a ne suspendre Anthony Lopes que pour trois rencontres... mais aussi à montrer la souveraineté de la commission de discipline à l'OM. Les Phocéens se sont montrés critiques envers la Ligue. Jacques-Henri Eyraud a même menacé de ne plus suivre la charte des présidents de Ligue 1, d'après L'Equipe... une fronde très peu appréciée, à laquelle l'organe a répondu vertement. "Il appartient à la commission d'analyser les comportements litigieux et de sanctionner selon les circonstances que l'organe disciplinaire apprécie souverainement." Autrement dit, l'OM n'a pas à réclamer des sanctions... ce sur quoi l'OL a rebondi par l'intermédiaire de son avocat.

"Contrairement à l'OM, l'OL ne demande aucune sanction à l'encontre d'Adil Rami", plaide Maître Joseph Aguera. Jolie prétérition. Alors que l'OM avait déjà fait comprendre son intention de réclamer de lourdes suspensions aux médias, l'OL s'est contenté d'attendre et de laisser venir... Un comportement semble-t-il bien mieux apprécié par la commission de discipline. Au vu du coup d'épaule asséné à Marcelo par Adil Rami "en dehors d'une phase de jeu", la LFP a décidé de sanctionner le Marseillais également... S'ils ont montré une "farouche opposition", comme Jacques-Henri Eyraud l'avait promis, l'OM s'est semble-t-il manqué dans sa stratégie pour faire sanctionner les Lyonnais.