Dans son bureau de la FFF, Noël Le Graët s'est livré au Figaro, sans détours, sur l'économie du football français. Ces dernières semaines, plusieurs investisseurs ont débarqué dans l'Hexagone pour s'immiscer dans le championnat de France : l'OM, le LOSC, l'OL...
Lors de son arrivée dans les capitaux du PSG en 2011, Le Qatar a été l'un des premiers investisseurs étrangers dans l'Hexagone. Avec des moyens financiers imposants, QSI a permis à Paris de retrouver de sa superbe et de dominer, depuis quatre saisons maintenant, le championnat de France. Si les investissements qataris ont souvent fait parler en France, de richissimes hommes d'affaire débarquent peu à peu à l'intérieur de nos frontières...
Interrogé sur l'économie du football français, Noël Le Graët a exprimé toute sa méfiance concernant l'arrivée des étrangers dans le championnat : "Personnellement, je ne suis pas favorable à ce que nos clubs français soient achetés à 100 % par des investisseurs étrangers. Je trouverais catastrophique si demain tout le monde se bat pour trouver un investisseur qui n’apporte pas toutes les garanties nécessaires pour assurer la pérennité d’un club" estime-t-il. Seulement quelques jours après le rachat de l'Olympique de Marseille par Frank McCourt, le Président de la FFF estime que les clubs ne doivent pas se vendre "à n'importe qui" : "Si ce sont des bons repreneurs… Il ne faut pas que les clubs se vendent à n’importe qui. Je pense que l’on peut intéresser davantage de sociétés françaises ou européennes" estime-t-il.
"Je n’ai pas envie que demain, la moitié des clubs de L1 soient sous pavillon chinois, américain ou russe."
Soucieux d'approfondir ses propos, Le Graët souhaiterait inventer une loi et s'inspirer du système allemand : "Il faudrait une loi. J’ai essayé d’en discuter. Mais on n’est pas prêt… Quel type ? Comme le système allemand. C’est-à-dire qu’aucun club français ne pourrait être repris en totalité par un investisseur étranger. Je milite pour ça. C’est ce que j’aimerais. Après, entre le rêve et la réalité (il soupire)…" concède-t-il. Conscient des problèmes de législation française, le Président de la FFF souhaite malgré tout améliorer l'image de la France : "On communique peut-être trop souvent négativement. Il y a trop de charges, de soucis de fiscalité, etc. C’est comme la France. Vous suivez l’actualité comme moi, on critique tout ce qu’on fait. On n’est jamais heureux nulle part. Le football donne aussi cette image. C’est tellement mieux ailleurs… Je ne suis pas d’accord. C’est tellement bien ici."
Si Le Graët ne veut pas imaginer la totalité des clubs français acheté par des investisseurs étrangers, le patron de la fédération française estime que le modèle à suivre est l'Olympique Lyonnais. Il congratule notamment la gestion de Jean-Michel Aulas : "Le chef d’entreprise qu’est Jean-Michel Aulas a réussi. Il fait peut-être un peu trop de tweets de temps en temps (sourire). Il a réussi en étant associé à une autre belle entreprise (les Chinois d’IDG Capital Partners, NDLR) qu’il va faire entrer à hauteur de 20 % dans son capital, il a construit son stade. C’est l’exemple du Bayern qu’il est en train de faire. Il faut du temps, mais c’est brillant" affirme-t-il. Pour l'homme fort du football français, les entreprises françaises devraient être propriétaires des clubs de l'élite : "Partout, il y a des superbes entreprises françaises. Et ce sont celles-là qui devraient être propriétaires des clubs. Pas d’autres". Ambitieux, Le Graët sait que ce sera "un projet compliqué"...