Pape Diouf n'a pas quitté le football. Il est retourné au Sénégal pour s'occuper des jeunes joueurs, et notamment de l'organisation de tournois. Il n'a pas pour autant oublié l'OM et donne son avis sur le club dans une interview accordée à L'Equipe de ce mercredi : ça déménage.
Président de l'OM de 2004 à 2009, Pape Diouf continue de suivre son club depuis l'Afrique. Avec Vincent Labrune à sa tête, l'Olympique de Marseille ne plaît plus du tout à son ancien dirigeant : "La gouvernance de ce club est menée à l'aveuglette." L'OM a notamment perdu Gignac, Payet et Ayew cet été. Le président Labrune a prétexté un manque de finances, argument que Pape Diouf ne veut pas entendre : "L'OM (...) n'a plus d'argent par rapport à qui ? Au Paris Sait-Germain. Sinon aucun club n'est plus riche que l'OM." Alors qu'ils étaient qualifiés en Coupe d'Europe durant chaque année de son mandat, les Phocéens peinent désormais et s'engluent au milieu de tableau. Une situation qui désespère le Sénégalais : "L'OM a suffisamment d'argent pour jouer les premiers rôles en Ligue 1."
Alors pourquoi est-ce que les Marseillais n'y arrivent pas ? Pape Diouf a son opinion. Pour lui, les décisions de Vincent Labrune sont la source des problèmes olympiens. L'ancien dirigeant vise notamment les choix d'entraîneur du Français : "Dire que Bielsa avait été le sauveur. Mais le sauveur de quoi ? (...) Que l’on arrête de me dire que les entraîneurs peuvent tout changer." Qui pis est, l'entraîneur ne correspondait pas à l'équipe : "Déjà, on l’a trouvé sur le marché. Ce qui n’est pas le cas des très grands entraîneurs. Je crois d’autant moins en eux, quand ils ne savent pas s’exprimer dans la langue des joueurs." Pour Diouf, le cas Bielsa n'était qu'un feu de paille qui ne méritait que peu d'intérêt.
Que ce soit Marcelo Bielsa ou Michel Gonzalez, la différence est faible pour Pape Diouf : "Pour moi, en matière de préparation technique, tactique, physique, voire médicale ou diététique, les méthodes se sont uniformisées." La question, pour l'ancien Olympien, n'est pas d'avoir un grand nom sur le banc mais un bon psychologue à la tête de l'équipe : "L’entraîneur qui fait la différence, c’est soit l’entraîneur qui a les meilleurs joueurs, soit l’entraîneur qui parvient à tirer le maximum des possibilités de son groupe par sa psychologie et par son approche intellectuelle des problèmes." C'est là le seul moyen de créer une équipe unie et cohérente : "Un entraîneur comme celui-là arrive à fédérer les tempéraments et les talents." Pour le Sénégalais, c'est sur ce point que Labrune et l'OM ont fait la plus grosse erreur : investir de l'argent sur des entraîneurs de renom plutôt que sur un collectif soudé derrière un entraîneur proche de ses joueurs. Cela aurait sans doute évité bon nombre de perturbations qu'ont dû traverser les Phocéens durant ces deux dernières saisons.