Dans un long entretien accordé à L'Equipe, Jacques-Henri Eyraud, le président de l'OM, s'est livré avec franchise sur plusieurs dossiers chauds. La stigmatisation de Marseille, l'arbitrage ou encore l'OL sont évoqués...
Si l'on reproche souvent au milieu du football sa pratique de la langue de bois, force est de constater que Jacques-Henri Eyraud n'obéit pas forcément à la règle. Du moins pas durant le long entretien qu'il a accordé à L'Equipe et qui a été publié ce samedi. Président de l'Olympique de Marseille, celui qui est en poste depuis un an s'est lâché sur plusieurs sujets chauds, dont celui des supporters. Et s'il reconnaît que ceux de l'OM sont allés trop loin par moment, il a aussi tenu à voler à leur secours : "Même si l'OM, c'est la passion, il y a des moments où chacun comprend qu'il est allé trop loin. J'ajouterai que Marseille, cette ville, ce club, ces supporters, sont souvent stigmatisés de façon insupportable. J'ai vu un jour qu'on accusait les supporters marseillais de racisme (dans l'affaire Evra). C'est un gag. S'il y a bien un public qui est cosmopolite, respectueux des cultures, c'est le public marseillais. En tout cas, ce n'est pas au Vélodrome que l'on voit une banane" a-t-il lâché, faisant référence à une banane agitée derrière le but de Steve Mandanda durant l'échauffement d'OL-OM, dimanche dernier.
L'OL et l'arbitrage en ligne de mire
L'Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas s'est régulièrement retrouvé au centre de cet entretien. Le président marseillais s'est notamment servi du penalty plus que généreux accordé à Mariano à Toulouse, mercredi, pour tacler l'arbitrage : "Je vais demander à Rudi d'intégrer dans les protocoles d'entraînement un stage au Cercle des Nageurs de Marseille. Quand Rudi nous dit qu'il nous manque un peu de vice, je crois qu'il a raison. Après, c'est tellement peu glorieux de gagner sur une action comme ça. Mais les enjeux sont ce qu'ils sont et il faut employer les armes qu'emploient certains (...) On est à l'OM depuis une saison et demi, et si on prend les chiffres depuis la saison 2016-2017, l'OM a bénéficié de cinq penalties, Lyon en a bénéficié de dix-neuf. Dix-neuf. Je ne suis pas paranoïaque, mais je veux juste comprendre", a-t-il lancé.
Le départ d'Evra "est un échec"
Autre sujet sensible évoqué par Eyraud, le départ houleux de Patrice Evra, qui avait asséné un coup de pied à un supporter durant l'échauffement d'un match d'Europa League. "Le départ d'Evra est un échec. Il est regrettable. Il s'était toujours bien comporté dans le vestiaire jusqu'à ce geste. Et sur le terrain, il avait donné ce qu'il pouvait donner. On regrette ce départ, il était inévitable", a-t-il avoué, avant de nuancer quelque peu le bilan du passage de son ancien arrière gauche dans la cité phocéenne : "Il a connu des performances diverses mais il a fait des bons match et on a tendance à l'oublier. Il y en a eu des moins bons. Ce qui est certain c'est qu'il mérite du respect. Il a commis l'irréparable, mais aidé par une poignée de supporters qui se sont comportés ce jour-là d'une façon inacceptable". Une interview qui ne devrait pas manquer de faire réagir, à différents niveaux...