OM - Eyraud compte sur "une armée de hackers" pour mettre fin au piratage

Par Lucas Desort
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Jacques-Henri Eyraud, président de l'Olympique de Marseille

Jacques-Henri Eyraud, président de l'Olympique de Marseille

Le football français est depuis plusieurs mois au coeur d'une affaire dont il se serait bien passé. Après de nombreux impayés, Mediapro et la Ligue de Football Professionnel sont parvenus à trouver un terrain d'entente concernant les droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2. Si ce dossier semble désormais enfin terminé, selon plusieurs présidents de clubs c'est tout le système qui doit être remis en cause. C'est en tout cas l'avis de Jacques-Henri Eyraud qui pense que pour remettre de l'ordre dans le marché audiovisuel, les plus hautes instances doivent commencer par lutter contre le piratage.

"Cette affaire nous laisse un goût très amer. On a été trompés. Le Covid a bon dos. On n’arrête pas une affaire deux mois après le démarrage d’un cycle de quatre ans. L’objectif, je ne sais pas s’il était d’atteindre le milliard d’euros… On avait demandé aux présidents ce qu’ils attendaient, je n’étais pas allé aussi loin que cela. Mediapro, au moment de l’appel d’offres, en 2018, est une entreprise qui générait pas loin de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, connue de tous dans le foot et les médias. Une organisation qui n’avait rien à envier aux meilleurs. Cet immense gâchis, cela laisse très interrogatif. Cette crise souligne aussi un enjeu capital des prochains mois. La lutte contre le piratage. Notre responsabilité en tant que détenteurs de droits, c’est de protéger les diffuseurs. La Ligue a été un peu naïve dans ce domaine, pendant de nombreuses années. J’étais chez un ami, l’autre soir, qui m’a montré, un peu penaud, une clé USB qu’il avait achetée sur un très grand site d’e-commerce, et qui lui permettait d’accéder à 500 chaînes du monde entier, dont les chaînes payantes de sport. Tout ça pour 18 euros par an. Ce n’est plus possible ! Il va falloir employer les mêmes méthodes que les pirates, taper fort. Il va falloir avoir une armée de hackers qui pourchassent en direct les sites de streaming, qui les bombardent de requêtes, pour les rendre inopérants, les mettre à genoux. La législation française n’est pas au niveau de l’enjeu" a souligné le président de l'OM.