OM - Diarra dément choisir ses clubs pour l'argent

Par Gaëtan Barralon
4 min de lecture
Lassana Diarra se défend d'avoir fait des choix dictés par l'argent

Lassana Diarra se défend d'avoir fait des choix dictés par l'argent

Parfois présenté comme un mercenaire après avoir écumé pas moins de huit clubs depuis ses débuts chez les professionnels, Lassana Diarra est aussi pointé du doigt pour avoir fait des choix en privilégiant l'argent. Le principal intéressé répond dans le détail.

Lassana Diarra n'est pas du genre à se cacher. Que ce soit sur ses performances, sur ses envies de départ de l'Olympique de Marseille. Et même sur ses choix de carrière. La semaine dernière, Christophe Dugarry les avait justement pointés du doigt, estimant qu'ils étaient dictés par l'argent. Ce samedi, dans les colonnes de La Provence, le milieu de terrain de 31 ans y répond sans détour. Et revient point par point sur les moments qui ont changé le cours de sa carrière.

"A mon égard, c’est la porte ouverte à tout. Chacun y va de son commentaire. On ne peut pas plaire à tout le monde. Christophe Dugarry a le droit d’avoir son opinion, bonne ou non, me concernant. Il a été joueur, je le suis aussi. Je sais ce qu’il valait sur le terrain. Mais quand j’entends que je n’ai fait que des choix guidés par l’argent… Je veux retracer ma carrière et en discuter. Quand je passe du Havre à Chelsea (en 2005), c’est une progression ou pas ? A Chelsea, j’obtiens ma première sélection en équipe de France A. Cela veut dire que je travaille. Il y a des Ballack, Makelele, Lampard, Gudjonhsen."

"J'aurais peut-être aimé jouer en Italie"

Et Diarra de poursuivre sa démonstration. "J’aspire à jouer continuellement car j’ai de l’ambition. Je vais à Arsenal (2007-2008). Et au passage, je baisse mon salaire. C’est quelque chose que je n’ai jamais dit… Mais là-bas, je suis davantage utilisé en latéral droit alors que je veux m’établir au milieu de terrain. Donc je pars à Portsmouth (2008-2009). J’y vais pour l’argent ? Non ! J’ai alors besoin d’un club familial, avec un coach qui a confiance en moi, pour pouvoir jouer et m’exprimer. Je le fais, ça se passe bien, je gagne un titre (la Coupe d’Angleterre). Je vais ensuite au Real Madrid, pendant quatre saisons (2008-2012). Durant deux ans et demi, ça se passe aussi super bien. Après, il y a des changements de coach, de direction. Mais je tire un bilan positif de mon passage en Espagne".

"Je vais vous dire quelque chose : j’aurais peut-être aimé jouer en Italie, ajoute-t-il. Il n’y a que des personnes comme José Mourinho ou Florentino Perez qui le savent. J’ai, à ce moment-là, failli signer au Milan AC, à l’Inter ou à la Juve. Mais ça ne s’est pas fait. Et là, l’Anzhi Makhachkala arrive, avec Samuel Eto’o, Roberto Carlos… Oui, on me propose un gros contrat. Mais je gagnais déjà très bien ma vie à Madrid ! Il n’y a pas que l’aspect financier. Je vais vous poser une question : vous avez vu un match de Makhachkala ? On est leader toute l’année, on rate le titre à la fin. Le football a évolué. Regardez Willian, il est à Chelsea aujourd’hui. Si j’avais été en vacances là-bas, vous pensez sincèrement qu’après deux ans en Russie et un an et demi sans jouer, j’aurais réussi à redevenir performant à l’OM et retrouver les Bleus ? Je le dis : à l’époque, si on avait joué en France avec l’Anzhi Makhachkala, on aurait terminé sur le podium !"