L'entraîneur de l'Olympique de Marseille, Marcelo Bielsa, était invité devant les médias en ce vendredi après-midi. Force est de constater que le technicien argentin des Olympiens avait beaucoup de choses à dire, notamment sur l'intérêt supposé de l'OL à l'égard d'André-Pierre Gignac.
C'était jour de conférence de presse ce vendredi après-midi à l'OM. Après Lucas Ocampos, c'est Marcelo Bielsa qui s'est présenté devant les médias. L'occasion pour l'ancien entraîneur de l'Athletic Bilbao de faire un point complet sur l'actualité chargée de sa formation. Premier point abordé par "El Loco", la déception liée au match nul concédé contre l'Olympique Lyonnais (0-0), dimanche dernier : "L'équipe a démontré ce qu'elle était capable de faire sur ce dernier match. Pas avec la régularité que j'aurai aimé, pas avec la continuité que nous aurions du avoir. Il est différent de savoir bien jouer quelquefois que de bien jouer régulièrement. Je dirais que le plus difficile pour une équipe, c'est de jouer tous les matches avec exactement la même attitude. Ce qui pour moi est un gage de confiance, c'est quand mes joueurs jouent à 100%, ils peuvent jouer d'égal à égal et même avoir l'avantage sur n'importe quelle équipe en Ligue 1", a-t-il indiqué en préambule, avant de se tourner sur la nouvelle échéance face à Lens : "À chaque fois qu'il y a un match qui se rapproche, l'envie se fortifie. La déception est évacuée."
Face aux Sang et Or, l'OM devra se passer des services de Jérémy Morel, absent sur suspension. S'il n'a pas encore totalement défini son onze de départ pour cette rencontre programmée au Stade de France, l'entraîneur phocéen a indiqué que, fort logiquement selon lui, c'est Baptiste Aloé qui remplacerait son joueur cadre, dressant au passage un portrait plus qu'élogieux de son jeune protégé : "En fait, Baptiste Aloé avait déjà joué des matches en Champions League. De toute manière, c'était quelqu'un dont nous avait parlé le centre de formation. On attendait beaucoup de ce joueur. C'est un joueur qui a un niveau similaire à Sparagna et Andonian. Au cours de l'année, celui qui a montré les meilleures qualités, celui qui a mûri le plus vite, c'est lui. C'est un joueur très appliqué, dur mentalement, avec un fort instinct défensif. Baptiste Aloé me parait le remplaçant naturel de Jérémy Morel. C'est un droitier qui peut jouer à gauche, dans une défense à quatre ou à trois, très concentré. Il a un très haut degré de concentration et vu qu'il est avec le groupe depuis huit mois, l'adaptation est naturelle."
"Plus difficile de préparer un match contre un relégable que face à un favori"
Face au dix-neuvième du classement, les Olympiens devront faire preuve du même degré d'implication et de concentration que contre l'Olympique Lyonnais. Marcelo Bielsa le sait et s'y emploie au quotidien : "C'est plus difficile de préparer un match contre un relégable que face à un favori. Je vous ai dit avant et après le match contre Lyon et je le répète encore maintenant : la construction d'un match ne se fait qu'avec les joueurs. Mon travail, c'est de faire en sorte que les joueurs abordent cette rencontre avec la même concentration et même intensité que face à un gros calibre", a-t-il indiqué. Interrogé ensuite sur le degré de forme de Nicolas Nkoulou, blessé et absent depuis de nombreuses semaines, Marcelo Bielsa s'est montré peu optimiste : "Non je ne crois pas qu'il sera prêt pour cette rencontre (Ndlr, face à Paris). Il y a une différence entre être bien physiquement et être prêt à répondre au défi physique pendant un match. Une semaine avant de jouer contre Paris, il sera probablement de retour dans le groupe, mais ce n'est pas sur. C'est même fortement improbable qu'il soit présent pour le match amical contre Nîmes."
Autre point abordé par l'entraîneur marseillais, le cas Dimitri Payet, sous le feu des projecteurs suite à ces déclarations à l'encontre du corps arbitral ayant dirigé la rencontre face à l'Olympique Lyonnais. Pour le coup, Marcelo Bielsa s'est montré très bref : "Tout ce qui a à voir avec des normes pré-établies me semble naturel. En fait, cette situation, il n'y a personne de mieux placés que vous les journalistes pour la juger. Non, je n'ai pas parlé avec Dimitri Payet."

Bielsa et sa vision du football
Bref, le technicien olympien ne l'a clairement pas été quand un de nos confrères l'a interrogé sur le supposé intérêt de l'Olympique Lyonnais pour André-Pierre Gignac, en fin de contrat en fin de saison. S'il a assuré, à plusieurs reprises, qu'il ne s'en prenait pas ouvertement à Jean-Michel Aulas, le technicien argentin de l'OM a livré son sentiment à ce sujet, et il est plus que clair : "Les matches se gagnent ou se perdent sur le terrain. Croire qu'en émettant des opinions en public ou dans la presse, on peut influencer les résultats de matches à venir, ce n'est pas vrai. La personne qui pense comme cela et qui, à travers cela, cherche à avoir des résultats, n'a rien compris au sport. Premièrement c'est impossible et deuxièmement nous ne sommes pas stupides. Celui qui fait ça contamine le jeu. Ce n'est pas une manière de montrer de l'intelligence. Mais, au contraire, cela porte un préjudice au sport que nous aimons tous. À part peut-être s'il y a une vue de ce sport comme un business, et là tout à court. Ce jeu est lié intrinsèquement au terrain", a-t-il confié.
Avant d'en remettre une couche : "Je ne dis pas ça pour Jean-Michel Aulas en particulier. Je n'ai jamais lu ses opinions. Vous me l'avez signalé, mais moi je l'ignore. Je sais que sous Aulas Lyon a remporté sept Ligue 1 consécutives et cela génère de l'admiration chez moi, tout comme un très grand mérite. Mais celui qui croit avoir une influence sur le résultat avec ses dires, et je ne cite personne en particulier, cela ne fait qu'empirer le football. Il faut protéger le football. Premièrement, je veux dire très clairement que je ne remets pas en cause les déclarations du président de l'OL. Je n'ai jamais rien lu de ce qu'il a pu dire. Je dis que celui qui agit de cette manière est un poison pour le football. Il doit être décrit comme quelqu'un qui n'agit pas dans l'intérêt du football mais plus dans un intérêt de businessman."
Catalogué comme un technicien franc, n'usant pas de langue de bois, le technicien argentin de l'Olympique de Marseille n'a, une nouvelle fois, pas fait dans la demi-mesure. Qu'on se le dise, le sprint final en Ligue 1 promet énormément, tant sur le terrain qu'en coulisses !