En entretien avec le journal La Provence, José Anigo, ancien directeur sportif et entraîneur de l'OM, est longuement revenu sur l'évolution du club marseillais depuis son départ en 2014. Avec une nouvelle direction en place, les Olympiens travaillent à changer profondément la politique sportive phocéenne, en s'attaquant notamment au dossier de la formation. Ces derniers mois, l'OM a ainsi conclu des accords avec plusieurs clubs amateurs (Burel FC, Luynes Sports, ASC Vivaux-Sauvagère...), afin d'étendre son influence sur le vivier local. Une politique qui laisse Anigo perplexe : "C’est bien beau de signer des partenariats, bien sûr que médiatiquement, ça en jette, mais cette poudre de perlimpinpin, je la connais" assure-t-il. "En réalité, quand vous êtes parents et que vous avez un enfant qui est super fort, qu’est-ce que vous en avez à faire que l’OM ait signé un accord avec le club où votre fils joue ?"
Pour lui, ces partenariats sont donc davantage liés à une stratégie de communication qu'à une réelle réflexion autour de l'intégration des jeunes joueurs dans le projet marseillais : "C’est pour ça que ces accords sont un peu bizarres. Oui, médiatiquement, ça fait du buzz, l’OM aide les clubs amateurs, et c’est très bien car il doit le faire, mais est-ce que ça va marcher ? Je n’en sais rien" explique-t-il. "Combien de jeunes jouent à l’OM en professionnel ? Aujourd'hui, il y a le petit Max’ Lopez. Ils ont beaucoup joué quand il y avait Bielsa. Ensuite, quand il est parti, ils ont beaucoup moins joué. À partir du moment où l’OM va recruter un certain nombre de joueurs pour atteindre un certain niveau à l’échelle européenne, combien de jeunes du centre de formation vont avoir la possibilité de jouer en pro ? Là, vous avez la raison pour laquelle les parents ont une mauvaise image de l’OM, c’est tout. Ce n’est pas dans la politique du club de faire jouer les jeunes, ça ne l’a jamais été réellement."