Pointés du doigt après le salut nazi d'un de leurs membres à l'Etihad stadium puis la fuite d'un virulent édito anti-Marseille dimanche dernier, les Bad Gones ont réagi via un communiqué vendredi. En préparant leur défense.
Deux succès extrêmement importants pour la suite de sa saison, pour deux polémiques : voilà comment résumer la semaine dernière de l'Olympique Lyonnais. Auteur d'un énorme exploit sur la pelouse de Manchester City (1-2) avant d'écraser l'OM en championnat (4-2), le club rhodanien a cependant déploré l'agissement d'une partie de ses supporters dans les tribunes. A Manchester, c'est par un salut nazi qu'un membre des Bad Gones, groupe de supporter emblématique de l'OL, s'est distingué à l'issue de la rencontre, en plein devant une caméra. Contre le club phocéen, c'est tout le groupe qui a été pointé du doigt pour un tract - ou plutôt un édito - anti-Marseille prétendument distribué avant la rencontre, mais qui résulterait plutôt d'une fuite. Ce qui n'enlève évidemment rien à la violence des propos qui y étaient écrits.
Dans l'oeil du cyclone, le groupe du Virage Nord a publié un communiqué vendredi. "Concernant l’événement de la semaine dernière à Manchester, malgré les intentions qui peuvent être prêtées à notre groupe et aux fantasmes de personnes mal intentionnées, celui-ci n’est pas pris à la légère. Dans l’attente d'une décision de justice à laquelle nous ne saurons nous substituer, une procédure interne disciplinaire d'exclusion de l'association a été lancée, comme le prévoit notre cadre associatif, est-il écrit concernant le salut nazi. Nous tenons à rappeler avec force et conviction que I'association Kop Virage Nord, forte de ses 17 ans d'existence, est apolitique et n'a pour seul objectif que le soutien de I'Olympique Lyonnais et l’animation de notre Virage".
"Cette publication est destinée à un public restreint".
Et si le geste en question a déjà été sanctionné - évidemment sans aucune contestation - par l'OL, l'affaire de l'édito est plus complexe à gérer, car difficilement attaquable en justice même si cette dernière s'est saisie du dossier et que la LFP va s'y pencher également. Dans son communiqué, le groupe de supporter a en tout cas commencé à préparer le terrain : "Concernant maintenant I'affaire du « tract » qui a fait couler tant d’encre, mettons les choses au clair. Tout d’abord il ne s'agit pas d'un tract, mais d'un édito. Celui-ci a été rédigé dans le cadre de notre publication interne destinée à nos membres et seulement à ceux-ci. Cette publication est destinée un public restreint et selon la définition, un éditorial « constitue un espace de liberté où s’exprime un certain point de vue»", peut-on lire.
Les Bad Gones s'appuient en fait sur la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Globalement, n'est public que ce qui est destiné à être publié à tous, sans communauté d'intérêt. Dans ce cas, l'intérêt premier n'est pas de transmettre cet édito à tous mais de le garder au sein d'un groupe privé : le groupe de supporters. Ce dernier s'attaque donc au caractère public de cette "provocation à la haine en raison d'une appartenance à un groupe". Et pour cause, s'il est prouvé que cet édito a été distribué à des personnes extérieures au groupe, l'infraction est sanctionnable de plusieurs milliers d'euros. Contre 38 euros si la justice estime que le tract n'avait pas vocation a être publié ailleurs que pour les membres du Kop... Reste désormais à voir ce que donnera l'enquête ouverte par la justice.