L1 - Pourquoi l'OM aura fort à faire pour se qualifier en Ligue des Champions

Par Arthur Merle
8 min de lecture
L'OM n'a que deux points d'avance sur l'OL, alors que Monaco n'est pas encore sorti d'affaires...

L'OM n'a que deux points d'avance sur l'OL, alors que Monaco n'est pas encore sorti d'affaires...

Après la trêve internationale et à huit journées de la fin, la course au podium va rendre son verdict au fil des prochaines semaines. Quel est le rapport de force entre Monaco, Marseille et Lyon ?


Monaco a moins de marge qu’il n’y paraît 

Sept points d’avance sur l’OM, neuf sur l’OL : Monaco est très confortablement installé sur son fauteuil de dauphin du PSG. Le club du Rocher n’a plus connu le goût de la défaite en Championnat depuis deux revers de suite contre Paris et à Nantes, à la fin du mois de novembre. Depuis qu’ils ont été sèchement éliminés de toutes compétitions européennes, Jardim et ses hommes sont redevenus une véritable machine à gagner en Ligue 1, ne concédant que quatre matchs nul. Ils se sont même frayés un chemin jusqu’en finale de la Coupe de la Ligue (samedi, 21h05), pour un remake de celle de la saison dernière face au club de la capitale. Mais dès mercredi, l’ASM retrouvera les pelouses de Ligue 1 sur celle de Rennes. Pour entamer un marathon qui est loin d’être gagné d’avance, au contraire de ce que laisse présager le classement.

A l’image de ce déplacement en terre bretonne, cette fin de saison n’aura rien d’un long fleuve tranquille en termes de calendrier pour Radamel Falcao et ses coéquipiers. Des trois clubs concernés par cette lutte pour une qualification en Ligue des Champions, le club de la Principauté a certainement le chemin le plus sinueux. Rennes, donc, mais aussi Nantes et Saint-Etienne : ces équipes sont encore en course pour une qualification en Ligue Europa et sont quoiqu’il arrive des formations difficiles à manœuvrer. Mais le défi majeur des Monégasques reste le déplacement à Paris à la mi-avril. Loin d’être un cadeau face à une équipe parisienne intraitable au Parc des Princes… Le contenu affiché lors de certains succès de l’actuel deuxième de Ligue 1 est aussi un argument pour nuancer les conclusions trop hâtives concernant la place qu’occupera le champion de France en titre en fin de saison. Le dernier exemple en date est le succès très laborieux obtenu face à un LOSC qui a eu les cartouches pour s’imposer à Louis-II. Si ce genre de victoire fait partie de l’ADN monégasque sous Leonardo Jardim, de telles performances finiront certainement par être punies plus sévèrement par des prétendants à l’Europe ou des équipes qui lutteront jusqu’au bout pour leur maintien (Amiens, Troyes). Mais sous la houlette d'un Stevan Jovetic en grande forme, il serait tout de même surprenant de voir l'ASM abandonner sa deuxième place. 

Pour Marseille, la difficile gestion de deux tableaux

L’OM avait, au soir de la 29e journée de Ligue 1, une confortable avance sur son rival lyonnais. Avec deux petits points d’avance, le voilà maintenant à portée de fusil des Rhodaniens, après sa défaite au Vélodrome dans les derniers instants d’un Olympico très tendu. L’autre donnée – très importante – à prendre en compte à l’approche de la fin de saison est que le club olympien porte désormais les derniers espoirs du football français en Coupe d’Europe. Après les éliminations de Monaco et Lyon – respectivement en Ligue des Champions bien plus tôt dans la saison et par le CSKA Moscou en huitièmes de finale de Ligue Europa – Marseille continue de se montrer très convaincant dans cette phase finale de C3. Une bonne nouvelle pour Rudi Garcia et ses hommes ? Evidemment. Mais ayant atteint ce stade de la compétition, il est désormais certain que l’objectif est clairement de disputer la finale au Parc OL, le 16 mai prochain. Un objectif aussi ambitieux que gourmand en énergie. L’ancien coach de l’AS Roma utilise un nombre de joueurs relativement limité depuis le début de saison et va devoir se montrer excellent dans sa gestion pour ne pas exploser de toutes parts.

Car depuis son début de saison laborieux, l’actuel troisième de Ligue 1 n’a pas connu – durablement – la moindre période de moins bien. Monaco et Lyon, si. Evidemment, ce constat n’a rien de scientifique ou mathématique, et il n’est pas impossible que l’OM termine sa saison sans avoir connu de véritable creux. Mais physiquement, certains joueurs commencent peut-être à accuser le coup. C’est le cas de Florian Thauvin, victime d’une lésion musculaire aux ischio-jambiers gauches avec l’équipe de France, et indisponible pour au moins 10 à 15 jours, si ce n’est plus. Hiroki Sakai, lui aussi touché, ne sera pas du déplacement à Dijon, alors que Rolando est bien présent mais a longtemps été incertain. Le voyage en terre bourguignonne n’aura d’ailleurs rien d’une formalité, face à une formation qui présente le quatrième meilleur bilan à domicile dans l’élite cette saison. Le tout avant de recevoir un solide Montpellier dans une rencontre comprise entre les quarts aller et retour d’Europa League contre le RB Leipzig. Ce début de mois d’avril a donc tout d’un moment charnière dans la saison olympienne, avant un calendrier plutôt favorable (hors potentielle demi-finale de C3) composé, à l’exception de Nice, d’équipes classées en seconde partie de tableau. Mais, avec la force collective qui se dégage de l’OM, il n’est évidemment pas question de trop noircir le tableau.

Lyon a grillé tous ses jokers

L’OL aurait pu dire adieu à ses espoirs de qualification en Ligue des Champions avant la trêve internationale. Au sortir d’une élimination très douloureuse contre le CSKA Moscou, Bruno Genesio et sa bande n’étaient évidemment pas dans les meilleures dispositions pour se rendre au Vélodrome trois jours plus tard. Mais au lieu d’être définitivement distancés dans la course au podium, les Rhodaniens ont sorti de leur chapeau l’un de ces matchs qu’ils sont capables de réaliser face aux grosses équipes, pour revenir à deux points de l’OM à huit journées de la fin. Le tout en ayant certainement le calendrier le plus abordable parmi les trois clubs concernés par cette lutte. Hormis Nice et Nantes – qui se présenteront au Groupama Stadium en jouant certainement encore l’Europe – et dans une moindre mesure Dijon, Lyon n’affrontera que des équipes qui luttent actuellement pour le maintien. Mais s’il était là, le principal danger ?

Cette saison, les Gones se sont autant distingués par leurs coups d’éclats contre Paris, Monaco ou Marseille que par leur incapacité à désorganiser des blocs bas. Lyon n’avait pas eu autant de mal à construire des attaques placées depuis de nombreuses années et a perdu beaucoup de points contre des formations a priori abordables, se montrant impuissant dans le jeu de possession. La question est donc la suivante : pour quelle raison l’OL serait tout d’un coup plus à l’aise dans ce domaine ? Bruno Genesio n’a visiblement jamais réussi à faire progresser ses hommes sur ce point, et est pénalisé par le profil de certains joueurs comme Mariano Diaz, malgré les indéniables qualités de buteur de ce dernier. Les Rhodaniens ont souvent été une équipe d’exploits et dans ce sens, le retour de Nabil Fekir se fait plus que jamais attendre. Si le capitaine lyonnais revient rapidement et à un bon état de forme, le club de Jean-Michel Aulas pourra évidemment viser haut. Dans le cas contraire, il faudra trouver des ressources collectives rarement aperçues jusque-là, ou surfer sur les dernières grosses performances d’Houssem Aouar, par exemple. Mais une chose est sûre, Mariano et ses coéquipiers ne pourront plus se permettre d’avoir l’air si empruntés contre les clubs de bas de tableau.