Nous sommes au Parc des Princes, à la 91ème minute du troisième classico de l’année, opposant l’Olympique de Marseille au Paris Saint Germain. Zlatan Ibrahimovic semble interloqué, il s’interroge visiblement. Mais le ballon roule bien derrière la ligne de but, et David Beckham, à l’initiative de l’action, se jette déjà dans ses bras. C’est alors qu’il réalise. Son instinctive petite déviation du genou vient encore de lui sauver la mise. Il peut également remercier Jérémy Menez, auteur d’une flamboyante percée, côté gauche, et oublier, l’espace de trois jours, sa nouvelle contre-performance.
Car, en effet, Zlatan a été mauvais. Et cela fait un moment que ça dure. Plus précisément, peut-on imaginer qu’il a rangé son talent dans une très grande boîte, qu’il l’a emballée dans du joli papier, puis qu’il a ficelé le tout de ruban, à destination d’on ne sait trop qui, au soir de Noël dernier. A la faveur d’un penalty, d’une tête, où, ici, d’un but gag dans les arrêts de jeu, les statistiques du buteur suédois du Paris Saint Germain n’ont que peu ralenti depuis la trêve. Et pourtant, force est de constater que la grinta n’y est plus.
Hier soir, encore, l’ancien milanais s’est donc montré particulièrement inoffensif. Timoré dès qu’un peu excentré, il a multiplié les tentatives de passes décisives en élève docile. Seul, face au but, sa maladresse n’était pas technique, mais bien rythmique. On sentait, chez le tueur de filets, habituellement instinctif et tout en force, l’envie de bien faire, de s’appliquer. Aussi n’a-t-il pas été rare qu’il se fasse chiper le ballon par un défenseur, en raison d’une trop longue latence, ou qu’il s’enferme et soit contraint de reculer. A contrario, son coéquipier, Ezequiel Lavezzi, a fait, lui, du Zlatan ibrahimovic, couvrant d’impressionnantes surfaces en un temps record et tentant de percer les cages de Steve Mandanda à la moindre occasion. Toutefois, n’est pas Zlatan qui veut, et son imprécision lui aura empêché d’être décisif, même si son implication lui aura tout de même permis de prendre l’ascendant psychologique sur ses rivaux du soir, notamment en première mi-temps.
Mais quelqu’un voulait-il vraiment être Zlatan, hier soir ? L’appel du pied du suédois, lancé envers la Bundesliga, la semaine passée, semble avoir révélé certaines choses. En effet, si Ibrahimovic n’y est plus, c’est peut-être qu’il a déjà la tête ailleurs. Moins en colère après un tir manqué, plus prompt à délivrer une passe qu’à viser les cages, on a senti le numéro 10 parisien déjà parti, déjà signé au mercato. Les pistes pour le remplacer ne manquent pas. On a notamment évoqué Radamel Falcao, Edinson Cavani ou même Karim Benzema, mais voir la star parisienne s’effacer, après seulement six mois au Parc, laisse forcément un goût amer dans la bouche.
Alors oui, Zlatan, tu as désormais des concurrents au titre de gloire parisienne. Lucas est arrivé, David Beckham aussi. Mais espérons que la chaleureuse accolade de ce dernier, suite à ce but particulièrement chanceux et sans doute offert, hier soir, par tes anges gardiens scandinaves, saura te faire comprendre une chose simple. Tu as désormais une grande équipe, mais cela ne te réduit pas à un simple rôle de passeur, et c’est pour elle que tu dois briller, au moins jusqu’en mai.
L'édito du stagiaire - Zlatan échappe encore à la crise...
Par Antho le stagiaire
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