Suite à une interruption de près d'une heure, l'équipe de France est logiquement venu à bout de l'Ukraine au coeur d'une Dombass Arena de Donetsk tout de jaune vêtu (2-0). Avec ce succès, le premier depuis 2006 en compétition internationale, les hommes de Laurent Blanc se rapprochent inexorablement des quarts de finale.
Championnat d'Europe, 2ème journée (poule D)
Ukraine - France : 0-2 (0-0)
Buts : Ménez (53ème), Cabaye (56ème) pour la France.
Une Marseillaise coupée en deux, une foudre impressionnante, une pelouse gorgée d'eau et vingt-deux acteurs médusés devant la tournure des événements. Il était écrit que cet Ukraine-France aurait une saveur particulière. On n'attendait pas vraiment un tel scénario. Une heure durant, la tenue de la rencontre n'a tenu qu'à un fil. Qu'à une seule goutte. Au coeur de l'hymne tricolore, un éclair retentissant met en pause le chant des Bleus. Mais pas leurs ambitions. Si l'ensemble des spectateurs de la Dombass Arena de Donetsk ont pris une douche froide, les hommes de Laurent Blanc n'ont pas pris le temps de se refroidir. Malgré quelques sueurs froides, l'équipe de France a assuré autant qu'elle a rassuré dans l'enceinte ukrainienne. Une prestation bien plus entreprenante que face à l'Angleterre. Le sélectionneur tricolore avait fait le choix de titulariser Gaël Clichy en lieu et place de Patrice Evra mais aussi Jérémy Ménez qui suppléait alors Florent Malouda au milieu de terrain. Un choix payant puisque, si le défenseur mancunien a parfois souffert de la comparaison avec Yarmolenko, le joueur du PSG s'est souvent mis en valeur. Ménez a ainsi beaucoup tenté, démontrant de l'envie, parfois trop. Juste avant la pause, il aurait pu rejoindre les vestiaires sans la tolérance de Björn Kuipers, l'arbitre de la rencontre.
Si en première période, il a parfois manqué d'altruisme (26ème) ou d'efficacité (29ème, 49ème), il offrira en revanche, dès le retour des vestiaires, une belle ouverture du score du pied gauche après avoir éliminé Selin d'un crochet ravageur (0-1, 53ème). La France frappe la première. Et à l'image de leur hymne, les Bleus joueront leur partition en deux temps. Trois minutes plus tard, c'est au tour de Yohan Cabaye d'alourdir la marque d'une belle frappe du pied gauche (0-2, 56ème). Le but du break, une nouvelle fois offert par un excellent Karim Benzema. Si on l'attendait comme buteur, l'attaquant du Real Madrid s'est mué en passeur, ce vendredi, pour décerner deux offrandes décisives à ses coéquipiers. Le symbole d'un système offensif entreprenant et performant. Outre le madrilène et le parisien, Franck Ribéry et Samir Nasri ont également rassuré dans leur volume de jeu.
Mais évidemment, tout n'a pas été parfait. Les Bleus étaient prévenus, Andriy Chevchenko reste encore et toujours un poison pour les défenses. L'attaquant ukrainien de 35 ans n'a pesé sur la défense tricolore qu'en première période. Mais il aura fallu tout le talent et la vigilance d'Hugo Lloris pour écarter le danger sur une superbe frappe du Ballon d'Or 2004 (34ème). Il était écrit que cet Ukraine-France aurait une saveur particulière. Toute série est faite pour être stoppé. Certaines l'ont été, d'autres non. Pour la première fois depuis le Mondial 2006, les Bleus s'offrent un succès dans une compétition internationale. Les hommes d'Oleg Blokhine n'ont, eux, jamais gagné dans leur enceinte de la Dombass Arena. Il leur faudra mettre fin à la malédiction, ce mardi, face à l'Angleterre, pour continuer l'euphorie née de la victoire face à la Suède. Cette victoire coïncide également avec un vingt-troisième match sans défaite pour Laurent Blanc et ses hommes. Un vingt-quatrième, mardi face à la Suède, et les tricolores seront en quarts. Avec la prestation offerte ce vendredi, cette qualification serait bien loin d'être illogique.