Auteur d'une deuxième période aboutie, l'équipe de France est allé chercher un match nul face à l'Espagne (1-1). Au bout du temps additionnel, Olivier Giroud est venu arracher un point inespéré mais mérité au vu de l'abnégation des Bleus.
Eliminatoires Coupe du Monde 2014 (groupe I)
Espagne - France : (1-1)
Buts : Ramos (25ème) pour l'Espagne ; Giroud (90ème+4) pour la France
On leur annonçait l'enfer, un véritable calvaire au coeur de Vicente Calderon ! Mais ces Bleus ont du caractère et du coeur. A tel point qu'ils ont fini par faire douter une équipe d'Espagne qu'on croyait infranchissable. Depuis septembre 2005, la Roja n'avait pas concédé le moindre point en éliminatoires de championnat d'Europe ou de Coupe du Monde. Et au bout de l'effort et de plus de trois minutes de temps additionnel, Olivier Giroud a décroisé sa tête sur un service de Ribéry pour mettre fin à cette série (1-1, 90ème+4). Alors qu'il venait tout juste de rentrer en jeu à la place de Karim Benzema, l'attaquant d'Arsenal a récompensé l'abnégation décuplée des hommes de Didier Deschamps. Tout aurait pu basculer dans l'autre sens. Mais cette fois, la roue a tourné en faveur de l'équipe de France. Ce point a véritablement valeur d'or. Car il symbolise à lui seul l'état d'esprit démontré, ce mardi soir, dans un match que beaucoup annonçaient perdu d'avance. Tout ne fut pas tout rose mais la deuxième période de Matuidi et consorts a valeur de référence pour les mois à venir.
Lloris maintient les siens à flot
Tristes au possible face au Japon, vendredi dernier (0-1), les Bleus sont pourtant arrivés timorés sur la pelouse madrilène. Au coeur d'une première période poussive, ils ont subi les assauts ibériques. Ils ont plié jusqu'à rompre peu avant la demi-heure de jeu. Le marquage laxiste de Sakho a permis à Sergio Ramos de s'y reprendre à deux fois pour tromper Hugo Lloris (1-0, 25ème). Progressivement entreprenants, les Tricolores ont petit à petit pris conscience des largesses défensives espagnoles. Mais alors que Ménez croyait égaliser dans le but vide, l'arbitre assistant est venu signaler un hors-jeu litigieux sur la remise de la tête de Benzema (39ème). Juste avant la pause, la France croit alors vivre le calvaire tant annoncé. Quand Koscielny fauche Pedro de façon grotesque dans la surface, la maison Bleue tremble. Jusqu'à que son capitaine, Hugo Lloris, ne vienne les sauver du naufrage (42ème). Décisif, le portier tricolore repousse la tentative de Fabregas, concluant une première période impressionnante sur le plan personnel.
Matuidi prend une autre dimension
Didier Deschamps avait fait le choix de densifier son milieu de terrain. S'il s'agissait d'un entre-jeu expérimental à ce niveau, le sélectionneur tricolore a finalement réussi son pari. Car, d'une part, les hommes de Vicente Del Bosque ont été auteurs d'imprécisions techniques inhabituelles face à la pression adverse. Car, d'autre part, Blaise Matuidi a rendu une copie impressionnante. Au four et au moulin, le milieu de terrain parisien a montré un abattage sensationnel. Dans son sillage, les Bleus se sont enhardis. Jusqu'à cette incroyable quatre-vingt-treizième minute. L'Espagne bénéficie d'un corner, joué à deux. Le ballon revient dans l'entre-jeu mais la récupération est française. M. Brych laisse se poursuivre la rencontre. Le dénouement, vous le connaissez. Pour ce qui est de la suite, on attendra le mois de mars prochain. En attendant, l'Espagne et la France restent co-leaders de ce groupe I. A Vicente-Calderon, cela vaut bien la peine d'être savouré.
Résumé de Gaëtan Barrallon.